Cookie Clicker : mes outils
octobre 2022 → décembre 20255 min de lecture

J’ai joué à Cookie Clicker au collège, comme beaucoup de gens à l’époque. Le principe tient en une phrase : on clique sur un cookie. Avec les cookies gagnés, on achète un curseur qui clique à notre place, puis une grand-mère qui fait des fournées, une ferme, une mine, et ça ne s’arrête jamais. Derrière la blague, il y a des mini-jeux, et surtout l’ascension, où on recommence sa partie de zéro contre un bonus permanent.
J’y suis revenu bien plus tard, et j’ai fini par acheter la version Steam. Au passage, je me suis fait deux outils pour le jeu, à trois ans d’écart. D’abord ma première extension de navigateur, puis un guide pour son jardin.
Tricher en une ligne
Cookie Clicker parle aux devs. Il tourne dans le navigateur, tout est en JavaScript, et il ne s’en cache pas, puisqu’un des bâtiments s’appelle même « Javascript console ». Le revers, c’est que tricher est très facile. Toute la partie vit dans un objet JavaScript qu’on atteint depuis la console du navigateur, et une ligne suffit pour se donner autant de cookies qu’on veut.
J’ai commencé comme ça, console ouverte, avec des commandes copiées sur des sites qui les listent. Le jeu le remarque, et il donne alors un succès caché au nom assez clair, « Cheated cookies taste awful ». Au bout d’un moment, ça m’a lassé. Une partie où on peut tout avoir en une ligne n’a plus grand intérêt. Le 3 octobre 2022, j’ai laissé tomber cette sauvegarde pour en commencer une propre, sans plus jamais toucher à la console. C’est celle que je joue encore.
Ma première extension
Trois jours plus tard, je me suis attaqué aux cookies dorés. Ils apparaissent au hasard, restent quelques secondes et rapportent gros si on clique dessus à temps. Il faut donc surveiller l’écran en permanence, alors que ce genre de jeu, on le laisse surtout tourner dans un coin.
Le script tient en six lignes. Il cherche en boucle les cookies dorés dans la page, par leur classe CSS, et clique dessus. La boucle tournait sans aucun délai, aussi vite que le navigateur le permettait, alors qu’un passage toutes les quelques centaines de millisecondes aurait largement suffi. L’extension ne marchait que sur Firefox, et il fallait la recharger à la main, comme module temporaire, à chaque redémarrage du navigateur. Le code est sur GitHub.
Plus tard, j’ai même ajouté le clic sur le gros cookie, avant de le retirer. J’étais encore dans ma période « je m’aide de tout », et j’ai fini par arrêter de m’en servir, comme du reste. Aujourd’hui, je ne surveille plus l’écran et je n’automatise plus rien, je laisse tourner. Ça se voit dans les statistiques de ma partie, à la ligne des cookies dorés : un peu plus de cinq mille en tout, mais un seul depuis ma dernière ascension, qui remontait à plus de trois mois quand j’ai fait cette capture.

Un guide pour le jardin
Il y a quand même un mini-jeu où un outil me manquait, le jardin. C’est le plus tordu de tous. On y plante des graines sur une grille, et deux plantes voisines peuvent en faire pousser une troisième, avec une chance qui dépend des espèces, du sol et de leur maturité. Certaines envahissent les cases d’à côté. Pour débloquer les trente-quatre graines, il faut enchaîner les croisements dans le bon ordre, avec les bonnes dispositions, et chaque cycle de pousse dure plusieurs minutes.
Tout est détaillé sur le wiki du jeu, mais faire ça de tête est pénible, et jongler entre le wiki et le jeu aussi. En juillet 2025, je me suis donc fait un guide, en une journée. On coche les graines qu’on a déjà, et il affiche la prochaine à viser : sa recette, ses chances, le sol à utiliser et où placer les parents sur la grille. Les graines qu’on peut obtenir tout de suite sont marquées « Prêt ». À côté, il y a un guide des sols et les pièges à éviter, comme les plantes qui contaminent leurs voisines. Ici, avec les premières graines cochées, il propose le Gildmillet et la grille à reproduire dans le jardin :

Contrairement à l’extension, ce guide ne joue pas à ma place. Il rassemble juste des infos qui existent déjà, comme un wiki mieux rangé. C’est pour ça que je m’en suis servi sans état d’âme, et il m’a bien aidé à toutes les débloquer.
Une journée de code
Le site est en Next.js, avec Tailwind et les composants de shadcn/ui. Toute la journée se lit dans l’historique git. Le projet est créé le matin, avec Biome et un hook de pré-commit, et moins d’une heure plus tard, une première version du guide tient déjà dans une seule page. Cette page, je l’ai fait écrire par Claude. En fin de journée, je la découpe, et les graines, les recettes et les dispositions partent dans des fichiers de données, à part de l’affichage.
Les recettes s’enchaînent comme un arbre généalogique. Une graine est prête quand on a tous ses parents, et décocher une graine décoche aussi toutes celles qui en descendent. Par contre, la progression n’est pas sauvegardée, et elle repart du début à chaque rechargement de la page.
Le site devait accueillir une dizaine d’outils, comme un calculateur de production ou un assistant pour la bourse. Je n’ai fait que celui du jardin, le seul dont j’avais vraiment besoin. Les autres sont restés une liste dans un fichier, sans page derrière.
Où en est le projet
Le guide n’est pas en ligne et je ne le fais plus évoluer. Son code est sur GitHub et se lance en local avec Bun. L’extension, je ne m’en sers plus, mais j’ai retrouvé ce format en 2026 avec mon bot pour Microsoft Rewards, devenu une extension Edge. Cette fois, cliquer ne suffisait plus : il fallait aussi faire croire au site qu’un humain était derrière.